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Election américaine: pourquoi les sondages n'ont pas prévu la victoire de Trump?

Quasiment tous les sondages donnaient Hillary Clinton gagnante de l'élection présidentielle américaine. Surprise, c'est finalement Donald Trump qui est désormais le 45e président des Etats-Unis. Après le Brexit au Royaume-Uni, les sondages d'opinion se sont une nouvelle fois trompés. Erwan Lestrohan, directeur d'étude au département opinion de l'institut BVA, tente d'expliquer ce décalage entre les prévisions des sondages et le résultat final de l'élection.

 

 

RFI: Quelle est votre réaction par rapport aux sondages qui donnaient Hillary Clinton gagnante ?
Erwan Lestrohan : On a des sondages qui n’ont pas donné les bons résultats, même s’ils annonçaient tout de même que l’enjeu de l’élection allait être serré entre les deux principaux candidats, Hillary Clinton et Donald Trump.

Et comment vous expliquez ces décalages entre les sondages et la réalité aux Etats-Unis ?

Les sondages sont quand même dédiés à capter la réalité électorale. Là, on est vraiment sur un décalage qui vient peut-être d’une difficulté à capter le vote de populations, soit très paupérisées qui ne participent pas aux sondages d’intention de vote parce qu’on ne peut pas les joindre par internet, soit des populations qui se sont détournées de la politique et qui se sont ralliées à Donald Trump dans les dernières semaines de la campagne.

Pensez-vous que l’on peut encore se fier aux sondages après ces erreurs de pronostics ? Il y a eu le Brexit et maintenant les élections présidentielles américaines.

Oui, bien sûr, on peut encore se fier aux sondages français. Le débat sur le sondage comme instrument de mesure des rapports de force électoraux, il faut déjà bien l’entendre de façon nationale. Chaque pays a ses traditions de sondage et depuis l’épisode de 2002 qui a entraîné une certaine remise en cause des instituts de sondages français, on n’a pas eu à noter en France de ratés de l’ampleur du Brexit en Grande-Bretagne ou de l’élection présidentielle américaine aujourd’hui. Mais la fiabilité des sondages doit être mise en question évidemment. Le sondage n’est pas un pronostic, ni un indicateur de victoire, mais bien une photo à un instant T de l’opinion électorale. On peut imaginer qu’il y a des éléments de dernière minute, ou des mobilisations différentielles, c’est-à-dire le camp d’un candidat qui se mobilise plus que l’autre et qui peut faire jouer à la marge les rapports électoraux et provoquer des surprises électorales comme c’est le cas aujourd’hui aux Etats-Unis.

Pensez-vous que les personnes interrogées dans les panels jouent toujours le jeu et qu’elles sont sincères sur leur réponse ? Est-ce qu’il n’y a pas une honte à assumer son vote ?

Non, ça c’est un débat qu’on pouvait avoir sur la question des opinions un peu taboues ou difficiles à déclarer dans un sondage il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, on fait des études par Internet et il n’y a plus d’enquêteurs et donc, cette difficulté à déclarer une opinion à un enquêteur, parce qu’il n’y a plus d’enquêteur, a disparu. On fait des enquêtes auto administrées par Internet, dans les conditions de l’isoloir finalement. Il n’y a donc pas de problème à capter cette déclaration de vote un peu taboue. C’est plutôt sur les personnes que l'on peut recruter par des échantillons quantitatifs et sur les marges d’erreur qu’il y ait un travail de réflexion à fournir. Ce travail a été fourni par les instituts français après le séisme de 2002, et sans remettre en cause mes confrères britanniques et américains, la manière de procéder des instituts n’est pas la même selon les pays.

Propos recueillis par Aram Mbengue

Source : http://www.rfi.fr/

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