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Le Brexit dans tout ses états

 

SONDAGE Selon une enquête OpinionWay pour «20 Minutes», la majorité des 18-30 ans ont réagi avec tristesse à la victoire du Brexit mais pensent que c'est un problème avant tout pour les Britanniques.

 

 

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Les jeunes Français seraient-ils des amoureux trahis par les Britanniques ? Les résultats du sondage OpinionWay pour 20 Minutes* sur la perception des 18-30 ans vis-à-vis du Brexit pourraient le laisser penser : 59 % des personnes sondées se sont dites, via des smileys, « tristes », voires « très tristes » de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Et quand on leur demande de résumer en un mot leur sentiment, le champ lexical est explicite : « déçu(e) », « décevant », « déception » ((81 occurences), « dommage » (37), « incompréhension » (22), « surprise » (29) et « tristesse » (27) sont les termes qui reviennent le plus souvent.

La réaction des personnes sondées à l'annonce du Brexit.

Contactés via le groupe Facebook 20 Minutes Moi Je, certains jeunes sondés, comme Lionel, 25 ans, nourrissent une pointe d’inquiétude au-delà de la déception. Cet étudiant en école d’ingénieur et en alternance à l’aéroport de Marseille, pourrait être impacté personnellement par le Brexit : « Ma copine est anglaise, et ça m’inquiète pour notre relation car elle aspirait à rester en France après ses études. Avec le Brexit les démarches vont être compliquées. Je suis attaché à ce pays, et ça sera plus compliqué pour s’y rendre. J’y vais tous les deux-trois ans depuis que je suis enfant, mon père a des amis là-bas. Et je comptais faire un stage en Angleterre mais les chances d’être pris sont désormais plus minces. »

« C’est une trahison »

 

Bien que 60 % des sondés se considèrent comme français avant d’être européen (21 % placent les deux au même niveau, 2 % européen avant d’être français), la plupart insistent sur le fait que le vote britannique chamboule l’idée de la construction européenne avec laquelle ils ont grandi. « Je suis un peu choqué, je les pensais plus intelligents, ils ont suivi l’extrême-droite et je trouve que c’est une trahison. On est jeunes, on a toujours vécu avec l’Europe, c’est une richesse. Pour moi, l’UE c’est la liberté. Il suffit d’une carte d’identité et c’est bon, on peut aller partout », réagit Kévin, 24 ans, étudiant en master de santé publique à Dijon. « Je me sens aussi européenne que française, je suis attaché à mon pays et à toute la culture qui va avec, mais l’Europe c’est l’ouverture aux autres, la libre circulation des gens, sans tracas administratifs », abonde Elsa, 27 ans, archiviste à La Seyne-sur-Mer. Parmi les personnes interrogées, 41 % voient l’UE avant tout comme une zone économique et 29 % comme un espace de libre circulation.

 

Malgré ce gout amer, les jeunes Français veulent aller de l’avant… tel l’amant éconduit : 61 % des sondés estiment ainsi que « l’Europe continuera très bien sans » les Britanniques et « tant pis pour eux », alors que 38 % pensent que « l’Europe n’est plus vraiment l’Europe sans le Royaume-Uni ». Déçus mais optimistes, un paradoxe ? Non, pour Kévin : « Le Royaume-Uni n’a jamais trop fait partie de l’Europe, il n’acceptait rien. Ce n’est pas une grosse perte pour nous, ça le sera pour eux. La place boursière à Londres ne pourra plus jouer avec l’Euro et va chuter. Je pense qu’ils n’ont pas réfléchi, c’est vraiment un vote de contestation. »

« Il reste quand même 27 pays »

 

Brieuc, 24 ans, étudiant en ingénierie à Rennes, fait partie de la minorité « ravie » par le Brexit (19 % de smileys « heureux ») : « Le Royaume-Uni n’a jamais voulu être totalement dans l’UE, qu’il a rejoint pour des motifs économiques. Mieux vaut qu’il en sorte complètement, et qu’on n’en parle plus. J’espère que des pays plus en difficulté, comme l’Espagne, pourront bénéficier de ce départ. Des emplois pourraient aussi être relocalisés en France, mais cela dépend des accords qui vont être négociés au moment de la sortie effective des Britanniques », reconnaît-il. « Finalement, il reste quand même 27 pays, on continuera à vivre, alors qu’au Royaume-Uni, il y aura plus de problèmes que de solutions », résume Lionel.

Pour Antoine Buisson, responsable chez OpinionWay, ces résultats dressent le tableau d’un divorce à l’amiable actée par les jeunes Français : « Il y a le constat que l’Union européenne va continuer à avancer, il n’y a pas eu de rupture dans sa construction. Tout le monde semble s’accorder sur le fait que la décision est irrévocable, et qu’il faut maintenant faire vite pour que l’Europe avance, même si c’est le choix britannique est dommageable. » Alors pourquoi cette déception est aussi prégnante ? « On le voit dans les résultats du vote au RU, les jeunes sont globalement les plus proeuropéens. Il n’y a qu’à voir les résultats du référendum, les jeunes Britanniques ont majoritairement voté pour le Remain. Des deux côtés de la Manche, ils se sentent bien plus concernés par le Brexit que les générations précédentes », explique le sondeur. La séparation est donc consommée pour les 18-30 ans, mais le sentiment de déchirement risque de durer un peu.

*Etude OpinionWay pour 20 Minutes réalisée entre le 30 juin et le 1er juillet 2016 auprès de 792 répondants représentatifs des 18-30 ans en France.

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